Outreau, Kerviel, deux affaires, un même combat

Affaires Outreau et Kerviel

Le hasard de l’actualité judiciaire voit se télescoper deux affaires hautement symboliques : l’affaire d’Outreau et l’affaire Kerviel.

Affaire d’Outreau

Dans la première, l’un des acquittés du procès d’Outreau, Daniel Legrand, mineur au moment d’une partie des faits dont il a été injustement accusé, devra comparaître à partir de demain 19 mai devant une nouvelle cour d’assises, à cause notamment de la volonté absurde d’un syndicat de magistrats qui n’a jamais digéré ce qui reste comme le plus grand fiasco de notre histoire judiciaire.

Affaire Kerviel

Dans la seconde affaire, une banque, la Société Générale, est parvenue à faire croire à plusieurs juges qu’un modeste trader pouvait, à lui seul, être responsable d’un trou abyssal de 4,9 milliards d’euros. Aujourd’hui, celle qui a dirigé l’enquête déclare sur procès-verbal s’être trompée et avoir été trompée. Une première.

Chacune de ces affaires illustre, l’une en matière criminelle, l’autre en matière délictuelle, le risque de n’écouter que la partie qui se présente comme une victime. Notre système inquisitoire a ancré dans l’esprit des magistrats l’idée que la vérité émane davantage de leur action que de celle des parties et de la contradiction. C’est une erreur qui produit l’erreur judiciaire sur laquelle il est ensuite si difficile de revenir. Aller trop vite, surtout dans les affaires complexes, est une autre faute. Le temps est alors le plus puissant allié de ceux qui ont fait le pari de résister à l’implacable machine judiciaire dans laquelle la rigidité, pour ne pas dire la psychorigidité, tient trop souvent lieu d’intégrité morale.

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